Le 29 septembre dernier, le conseil communautaire a voté le principe d'un passage en Communauté urbaine puis en Métropole. La séance s'est tenue dans une douce euphorie. Manifestement, nombre d'élus semblent heureux d'abandonner des compétences, parmi les plus importantes qui leur ont été confiées. Comme nous nous y étions engagés, nous avons respecté le choix des Saranais qui s'étaient très majoritairement prononcés contre cette évolution lors de la consultation du 29 avril.

Ce désaccord sur l'évolution de notre intercommunalité ne signifie pas que nous soyons contre le travail en commun avec les autres communes.

Il est temps d'en finir avec cette idée saugrenue que Saran serait toujours contre tout. Nous pensons qu'une autre coopération intercommunale est possible. Une coopération qui laisse toute la place aux communes pour décider de leur avenir et de leurs projets. Nous pensons aussi que toute évolution devrait reposer sur un projet de territoire rédigé et partagé par tous. Ce n'est pas ce qui nous est proposé aujourd'hui. Entre les lois contraignantes et l'ambition de quelques élus, les municipalités n'auront quasiment plus de marges de manœuvre. Ainsi, la voirie, les zones d'activité, la gestion de l'eau, le Plan local d'Urbanisme vont passer sous le giron de la Communauté urbaine.

Durant cette séance, un conseiller communautaire a fait remarquer que le transfert ne concernait que 10 % des compétences exercées par les Maires. Certes. Sauf que ce sont parmi les compétences les plus importantes qui vont désormais nous échapper. À l'image du PLU qui détermine ce que nous voulons faire de notre commune, et celles qui nous permettent de la façonner et de la développer avec vous comme nous l'entendons. Tous les beaux discours n'y feront rien, nous assistons aujourd'hui à une dévitalisation des communes. À terme, si elles ne disparaissent pas, leur rôle sera très réduit.

Le Président de l'AgglO se veut rassurant. Mais comment croire que nous serons écoutés le jour où nous seront opposés à un projet concernant notre commune. Lorsque l'on voit la manière dont quelques élus se partagent les postes, on peut raisonnablement avoir une confiance limitée.

Nous nous inquiétons aussi pour la qualité des services rendus, la proximité et la réactivité. Les exemples concernant les compétences aujourd'hui exercées par l'AgglO ne plaident pas en faveur d'une amélioration.

Les espaces verts auxquels est consacré le dossier de ce numéro, resteront de la compétence communale pour une partie (parcs et jardins). Même si nous conventionnons avec l'AgglO sur le reste, nous ne savons pas encore avec quels moyens nous pourrons poursuivre notre tâche à l'avenir.

Soyez certains que nous continuerons à être présents à l'intercommunalité pour défendre vos intérêts et ceux de notre ville.


Maryvonne Hautin
maire de Saran