Creusement des inégalités, affaiblissement des protections sociales, précarisation accrue d'une partie de la population et notamment de la jeunesse : les politiques néo-libérales menées depuis les années 80 ont provoqué en Europe une violente crise politique et morale.

En France, Emmanuel Macron a paradoxalement su profiter de cette crise pour remporter l'élection présidentielle. Usant des institutions dépassées de la Ve République, « En Marche » s'est débarrassé de deux fonctions habituelles des partis : la sélection des futurs élus et l'élaboration d'un programme.

Désormais, les élites technocratiques au sein de l'appareil d'État ou à la tête des grands groupes privés sont le véritable parti présidentiel. Avec un Parlement muselé par la pratique des ordonnances et le refus de tout dialogue social, on assiste depuis un an à un déchaînement de « réformes » structurelles au service des plus riches.

Comme le présageait le sociologue Pierre Bourdieu en plein mouvement social de décembre 1995 lors d'un discours devant la gare de Lyon, « cette noblesse d'État, qui prêche le dépérissement de l'État et le règne sans partage du marché et du consommateur, substitut commercial du citoyen ; elle a fait du bien public un bien privé, de la chose publique, de la République, sa chose ». Jusqu'à quand ?


Pour le groupe majoritaire,
Alexis BOCHE
Conseiller municipal délégué aux finances