C'est avec amertume que nous avons accueilli les résultats des élections départementales du mois de mars. Il n'y aura plus de véritable opposition au sein de l'assemblée départementale. Le nouveau découpage des cantons initié par le gouvernement socialiste y est pour beaucoup. Le rejet massif de la politique gouvernementale s'est traduit par une forte abstention et une poussée de l'extrême droite, des choix qui seront toujours contraires aux intérêts des peuples et de la démocratie. Dans notre ville, au premier tour, vous avez confirmé votre attachement à la politique municipale, signe que l'espoir existe et qu'il nous faut poursuivre.

Les batailles perdues d'avance sont celles que l'on ne mène pas.

Parlons Bus : Saran est la seule ville de l'agglomération dont la fréquentation des bus a baissé (- 5 %). C'est la preuve que l'organisation actuelle ne correspond pas aux besoins. Après trois ans d'échanges parfois houleux et tendus mais finalement constructifs avec l'AgglO, nos propositions ont été entendues. N'ayons pas peur des mots, c'est une victoire. C'est votre victoire car sans votre mobilisation rien n'aurait été possible. Les actions conjointes des élus et des habitants ont permis ces avancées.

À l'avenir, tâchons de nous souvenir que la mobilisation collective a permis cette victoire car d'autres batailles nous attendent.

Quel avenir pour la communauté d'agglomération ? Aujourd'hui, la mutualisation des services, demain le passage en communauté urbaine. Au final, moins de compétences pour les communes, moins de démocratie, moins de proximité, moins de services publics… Tout cela nous interroge et doit vous interroger car derrières ces orientations, se cache peut-être un autre projet inavoué et qui apparaît en ces termes dans un document de l'AgglO : « Étudier de nouvelles formes juridiques en cours d'évolution ». Commune nouvelle (fusion de toutes les communes de l'agglomération) ? Métropole ?

Une autre bataille, celle des finances locales nous attend. Vous le savez déjà, l’État a lancé un plan de réduction des dotations aux collectivités locales et aux communes en particulier. Pour Saran, c'est une perte de 1,7 M€ en trois ans. Cette mesure est injuste car les communes ne sont pas responsables du déficit de l’État. Les municipalités doivent toujours présenter des budgets équilibrés c’est-à-dire sans déficit. Réduire les dotations, c'est réduire les services publics rendus par les communes, c'est réduire les investissements avec toutes les conséquences sur l'emploi des entreprises.

Du travail et de belles batailles en perspective…

Maryvonne Hautin

maire de Saran