Voici la tribune de notre groupe publiée dans le bulletin municipal d'avril dernier détaillant les raisons de notre attachement à la gestion de proximité et de notre opposition à de nouveaux transferts de compétences communales dans le cadre d'une future communauté urbaine.

Que pensez-vous de la consultation des citoyens à propos du transfert des compétences de la commune à l’AgglO ?

C'est le respect d'un engagement que nous avons pris auprès de vous en mars 2014 lors des municipales. Le projet de passage en Communauté urbaine étant annoncé pour 2017, nous avons souhaité organiser un véritable débat citoyen et une consultation, démarche partagée lors de la commission municipale du 15 mars dernier par les trois groupes représentés au sein du conseil municipal de Saran.

L'évolution de l'AgglO vers une Communauté urbaine entraînerait un profond changement de votre cadre de vie. En effet, des compétences aujourd'hui exercées par la ville devront obligatoirement être transférées à l'intercommunalité : la voirie et l'espace public, l'activité économique, le Plan local d'urbanisme, l'eau potable… Pourrait aussi s'y ajouter la gestion de certaines installations sportives et culturelles. Il est incontournable d'interroger les premiers concernés, les citoyens et citoyennes de notre ville.

Pourquoi nous sommes inquiets :

Éloigner davantage les lieux de gestion et de décision des citoyens et des réalités de terrain ne permet pas de répondre efficacement aux besoins. Ainsi, il aura fallu plus de trois ans de mobilisation des usagers du bus et des élus pour que la desserte de Saran s'améliore, même s'il reste encore des ajustements à faire. Sans cette mobilisation rien n'aurait été possible et nous serions restés avec les incohérences d'un réseau réalisé dans des bureaux loin d'Orléans. En 2002, la communauté d'agglomération a pris la compétence assainissement et un réseau à Saran en parfait état. Depuis, l'entretien n'est plus assuré correctement. Aujourd'hui, la taxe d'assainissement prélevée par l'AgglO est une des plus élevées de France et la ville est dans l'obligation de refuser des permis de construire dans certains quartiers car le réseau déborde en cas d'orages. Pour les déchets, c'est moins de collectes pour une taxe qui elle, n'a pas diminuée.

Avant de vouloir prendre d'autres compétences aux communes, l'AgglO devrait d'abord remplir correctement ses missions actuelles.

Nous nous inquiétons aussi pour le service public et les régies municipales. À Saran, l'eau est gérée par la ville : un réseau régulièrement entretenu, un nouveau château d'eau en fonction dans quelques semaines et de nouveaux captages pour distribuer une eau de meilleure qualité. Autant d'investissements qui ont un coût et sont rendus nécessaires pour lutter contre la pollution. Demain, cette expertise publique et notre indépendance pourraient être bradées au profit des multinationales de l'eau, déjà très présentes à Orléans et Olivet.

Au final, que va apporter la Communauté urbaine aux habitants ? Et en quoi celle-ci ferait-elle mieux que la commune ? Rien ne nous est démontré et le refus de consulter les citoyens de toute l'agglomération sur cette question renforce nos doutes.

Le passage en Communauté urbaine n'est pas obligatoire.

Nous pourrions parfaitement rester en Communauté d'agglomération. Aujourd'hui, les dirigeants de l'AgglO agitent la peur : si nous ne passons pas en Communauté urbaine, la « capitale » régionale sera rayée de la carte...

Or, l'attractivité d'un territoire, ce n'est pas son statut, c'est d'abord son projet. Construire un tel projet partagé par tous devrait être la priorité de l'AgglO en associant véritablement les élus et les citoyens des 22 communes.

Saran n'est pas contre l'AgglO, mais nous voulons une intercommunalité librement consentie et pour le seul bénéfice de la population.

Nous refusons que l'on nous impose d'entrer dans un cadre qui éloigne l'action publique de la population, qui comporte un recul de la démocratie et un danger pour l'avenir des communes.

Et si les Saranais votent contre ?

A croire certains, il n'y aurait plus de bus demain , les poubelles déborderont encore plus et les égouts seront tous bouchés ! Fonde t-on un projet commun sur des menaces ? Si le 29 mai prochain, les Saranais se prononcent courageusement contre un nouveau transfert de compétences, les bus continueront à desservir la ville, les poubelles seront toujours ramassées, l'assainissement fonctionnera après le 30 mai et dans les années qui suivront...

Par contre, ce qui changera, c'est que la voix de Saran et de tous ses habitants sera davantage respectée. Un signal fort sera envoyé à toute l'agglomération : pas d'intérêt général possible sans démocratie de proximité !