Michel Guérin, Maire de Saran et Conseiller Général du Loiret Bonsoir et à bientôt !

J’écris cette lettre à toutes les Saranaises et Saranais, à toutes celles et ceux que j’ai rencontrés, côtoyés, appréciés pendant toutes ces années dans mes fonctions d’élu et de maire.

Rien ne m’obligeait à quitter cette fonction mais il fallait bien le faire un jour. Après 45 ans et 6 mois de vie publique, plus quelques années avant comme syndicaliste, j’ai choisi demettre un terme à cette responsabilité importante de poste de maire dans une ville comme Saran.

Je resterai conseiller municipal et conseiller général. J’aiderai l’équipe en place si je pense encore lui être utile.Mais je souhaitais pour mon épouse, mes enfants, ma famille et aussi pour moi-même ralentir mes activités, me calmer un peu, prendre le temps de vivre, sans avoir en permanence cette charge, certes passionnante étant la plus proche des populations mais pas toujours connue des administrés.

Pour moi, je ne peux concevoir la fonction d’élu et particulièrement celle de maire autrement que dans l’action, l’écoute, la défense des intérêts des gens et de la ville.
À chaque instant, il faut être prêt à réagir : aux intempéries, aux accidents, aux dysfonctionnements techniques ou administratifs, aux attaques contre notre forme de gestion, contre notre politique sociale. Même avec la volonté que j’ai toujours, je me fatigue vite et me sens moins en forme pour faire face. Alors, il faut savoir passer la main.

Si j’ai choisi ce moment, c’est pour donner à l’équipe en place qui travaille avecmoi depuis des années, lesmoyens de s’exprimer pleinement. J’ai eu la chance d’avoir pendant toutes ces années des personnes compétentes, actives dans tous les services de la ville de Saran, d’avoir des élus, femmes et hommes de convictions, animés comme je le fus à mes débuts. Ils ont bénéficié de mon expérience, plus jeunes que moi, plus réactifs aux besoins de la société actuelle. Jusqu’en mars 2014, date des prochaines élections municipales, ils vont prouver leur capacité à agir, à gérer une ville pas comme les autres, une ville qui bouge dont les élus ont choisi la qualité humaine plutôt que le tape-à- l’oeil. Une ville qui cherche à aider les plus démunis sans écraser d’impôt les personnes à revenus corrects.

C’est cette ville de Saran que j’aime qui me colle à la peau que je ne laisserai pas tomber. Je rencontre beaucoup de gens quime demande de ne pas abandonner. C’est gentil de leur part et cette reconnaissance me va droit au coeur mais il ne serait pas sérieux de persister pour faire plaisir.

Une autre raison me pousse à céder ma place : il faut faire confiance aux jeunes. Les générations qui m’ont élu à Saran en 1965 et sans interruption depuis, se sont, elles aussi, renouvelées. J’ai fait mon premier mariage en novembre 1968 comme adjoint. Il m’est arrivé de marier les enfants issus des premiers mariages. L’année dernière, j’ai même célébré lemariage d’un petit-fils, soit la troisième génération. Cela fait réfléchir… 42 ans entre les trois mariages. Il faut dire que les mariages et autres cérémonies, ce n’est pas le plus désagréable, bien au contraire. Je garde d’excellents souvenirs et j’aimerais donner une grande importance à cette union que je considère toujours primordiale.

Ce n’est pas parce que je ne serai plus votre maire que je n’aurai plus autant d’amitié pour les Saranaises et Saranais. Bien sûr, mon départ va faire des heureux notamment ceux qui trouvaient que j’avais trop duré. C’est cela l’énergie "durable".

Toujours à votre service,

Amitié à tous,

Michel Guérin