Monsieur le Président,

Ainsi nous allons donc prêter allégeance à l'Etat. Un Etat qui depuis plus de 10 ans fait porter la responsabilité de son déficit sur les collectivités. C'est tellement plus simple. En acceptant cette contractualisation nous seront les fossoyeurs de nos propres collectivités. Car, c'est à une asphyxie budgétaire que nous les condamnons. Le gouvernement a beau jeu de faire valoir un ralentissement de la baisse des dotations. En proposant ce contrat aux grosses collectivités, il fait encore pire.

Cette contractualisation n'est rien de plus qu'une reprise en main par l’État. C'est un sacré retour en arrière. Nous ne serions pas surpris que dans peu de temps, ce soit les Préfets qui nomment les Maires et Présidents métropolitains. Nous qui sommes des élus de ces collectivités, pouvons-nous cautionner une telle orientation ?

La logique, nous la connaissons bien. En réduisant les marges de manœuvre, les collectivités vont devoir réduire et certainement supprimer des prestations qui devront ensuite être prises en charge par le secteur privé.

Mais, avant d'en arriver là, ce sont les communes qui vont payer la dette de l’État. Nous le savons tous, par simple effet mécanique, les dépenses de personnel augmenteront d'environ 2 %. Il faudra donc couper dans d'autre dépenses et très certainement dans celles liées aux compétences transférées. Pouvez-vous nous dire dans quels secteurs vous allez faire des coupes sombres ?

Je crois que nous pouvons dire que l’État va nous coûter « un pognon dingue » !

Maryvonne Hautin

Conseillère métropolitaine et maire de Saran