Pourquoi dites-vous que ce schéma entre la Métropole et l'université d'Orléans est incomplet ?

Tout d'abord, seule la faculté de droit, d'économie et de gestion est citée dans ce texte. L'urgence à déménager cette faculté sur le site de l'ancien hôpital Madeleine est surprenante : ce projet n'est pas financé et la situation budgétaire critique de l'université rend très improbable sa réalisation à brève échéance, sauf à vouloir affaiblir tout l'établissement. Ensuite, transférer ainsi 4 000 étudiants sur un site aussi réduit est risqué. Enfin, la dynamisation annoncée de la vie étudiante est très discutable puisqu'il n'est prévu aucune nouvelle résidence universitaire du CROUS en centre-ville. Or, les étudiants boursiers sont plus d'un tiers des inscrits de cette faculté. Ce projet va donc davantage favoriser la spéculation immobilière que l'égalité d'accès aux études et au logement.

Quelle devrait être alors la priorité de la métropole en matière universitaire ?

Maryvonne Hautin a exposé en séance que la question majeure doit être la transformation du CHR d'Orléans en CHU. Bien sûr, un centre hospitalier universitaire ne peut résorber seul la désertification médicale de notre département. Mais, sans CHU et sans faculté de médecine, nous sommes certains de voir la situation actuelle s'aggraver. Proposer un cursus complet en médecine favorise la sédentarisation des jeunes diplômés et développe la recherche autour de l'hôpital concerné. Serons-nous durablement la seule métropole du pays sans CHU ? Comment se rêver parmi les 15 plus grandes agglomérations françaises et négliger à ce point nos besoins en généralistes comme en spécialistes ?

Pourtant, ce schéma a bien dû être élaboré avec l'université d'Orléans ?

Justement, non. Ce texte n'a été présenté et voté dans aucune instance de l'université. Il n'est pas le fruit d'un véritable partenariat entre l'université et la métropole. Pour moi, les dirigeants de la métropole ont profité des difficultés budgétaires actuelles de l'université pour lui imposer leurs vues étroites. De fait, la logique à l'oeuvre lors du passage à marche forcée en métropole sans consultation réelle des citoyens a été étendue à notre université. C'est à nouveau l'intérêt général qui en sort bafoué.