De Paris à Paris, tel pourrait être le résumé de l'année qui vient de s'achever. Paris, Capitale d'un pays devenu fou. Après le 7 janvier, nous avons cru avoir vécu le pire. Pourtant après le sang qui voulait faire taire la liberté d'expression est venu le sang qui voulait faire taire ce que nous sommes : un peuple qui aime aller au stade, qui aime se retrouver en terrasse et qui va écouter de la musique.

Nous n'oublierons jamais ce 7 janvier et ce 13 novembre 2015. Nous garderons toujours une pensée pour toutes ces victimes innocentes.

Nous avons alors voulu croire que notre société allait se retrouver autour de ses valeurs : Liberté, Égalité, Fraternité. Ce n'était qu'illusion. Les résultats des élections régionales de décembre nous ont brutalement rappelé à la réalité en mettant en tête un parti qui prône l'exclusion, l'intolérance et qui porte des valeurs de régression loin de celles qui font l'honneur de notre Pays. Et pourtant, un saranais sur trois a donc choisi d'apporter son vote aux candidats de ce parti. Et 50 % ont choisi de ne pas aller voter....

Même si pour le 2ème tour, un sursaut citoyen a eu lieu, je ne peux m'en satisfaire et j'éprouve toujours une grande colère.

Colère bien évidement contre ces dirigeants politiques qui ont conduit à cette situation, et qui pour se justifier se réfugie dans le « c'est la faute de l'autre » comme si personne n'y était pour rien et nous offre un spectacle de débats politiques de bien bas niveau. Tout cela contribue encore plus à l'exaspération, à l’écœurement vis à vis de la politique et les citoyens se sentent de plus en plus trahis !

En colère aussi lorsque malgré les belles promesses de notre Président de s'attaquer à la Finance, la politique menée consiste à donner encore plus de millions et de millions aux entreprises, banques y comprises, afin soit disant de favoriser l'emploi alors que celles ci ne s'en servent que pour distribuer encore plus aux actionnaires et à massacrer l’emploi dans les entreprises.

En colère, contre les injustices croissantes, les inégalités révoltantes, les renoncements indignes.

A qui la faute ? Certainement pas aux élu-e-s locaux qui se dépensent sans compter pour faire de leur territoire un lieu de Bien Vivre Ensemble.

Mais je reste persuadée que ce n'est pas en se réfugiant derrière un vote soit disant protestataire, envers un parti qui ne prône que la haine et la division, que cela va apporter des réponses.

Si nous regardons en arrière, les acquis importants et les grandes avancées sociales de ces dernières années, (les congés payés, le droit de vote des femmes, la 5ème semaine de congés payés, etc....) n'ont pas été « donnés » par les gouvernants, qui en passant cherchent à nous les reprendre, mais « gagnés » par le Peuple au prix de grandes luttes et d'une grande solidarité.

Je reste persuadée que nous sommes à la fin d'un cycle politique. Il nous faut relancer l'idée d'une autre République Citoyenne, Démocratique, Sociale ; Alors réveillons nous et donnons nous la force de faire vivre les valeurs d’Égalité, de Solidarité, de Résistance.

Nous avions décidé de consacrer le dossier de ce numéro à la culture et, après tout ce  que nous avons vécu, cela tombe bien. La culture, c'est justement ce qui permet la communication, l'échange, l'émancipation.

La culture c'est la connaissance et la découverte de l'autre, de ses idées, de ses traditions, de ses valeurs. Sans culture, il n'y a pas de compréhension de l'autre, de ce qui est différent. Il n'y a pas de tolérance.

C'est pourquoi la politique culturelle de la ville s'adresse à toutes et à tous et propose des activités diverses et variées. C'est aussi pour cela que nous sommes très attachés à la tarification des activités au quotient familial car cela ouvre les portes de la culture à tous et pour tous.

Au nom de l'ensemble du Conseil municipal de Saran, et du Personnel municipal, je vous souhaite une très bonne année 2016.

Maryvonne HAUTIN
Maire de SARAN